Ciné-miam est un cycle de projections et de repas, accompagné d’une édition : Feuille de chou. Les films sélectionnés abordent nos rapports ambivalents avec la nourriture : manger ou être mangé·es, moment social convivial ou contraint, langage de l’amour ou empoisonnement collectif, recette de famille ou secret industriel...

Evènements pensés avec l‘artiste cuisinier Alexandre Finkelsztajn.















1 mars 2026 - Ciné-miam #1 : The Stuff, Larry Cohen (1985), System C, Marseille.

Menu
› Aloe vera, menthe, citron vert
› Cornbread
› Party dips : crème de topinambour, sauce green goddess, creamed corn-amande
› Coleslaw de racines
› Porridge de riz, bouillon d’épis de maïs et beurre de cacahuètes
› Gelée de haricots blancs, vanille, bourbon
› Salade Ambroisie, guimauve vegan sapin et fruits fermentés


Est-ce que tu pourras me donner la recette ?

Transmise en chuchotant ou griffonnée sur un morceau de papier, la recette de cuisine se voile parfois de mystère. Les instructions se font évasives. Les mesures ne sont pas indiquées, le temps de cuisson semble approximatif et les ustensiles paraissent trompeurs. Parmi les apprenti·es marmitons, certain·es ne souhaitent pas toujours révéler ce petit grain de sel, qui rend si reconnaissable une préparation… Mais une question reste en suspens : que nous réserve réellement la surprise des chef·fes ?  

Réalisé par Larry Cohen et sorti en 1985, The Stuff prend la forme d’un film d’enquête, aux allures inquiétantes. Dans les supermarchés américains, un nouveau produit fait fureur : un dessert composé d’un ingrédient non-identifié, qui rend progressivement dépendantes toutes les personnes qui en ingèrent. Afin de percer ce secret industriel, la concurrence fait appel à David « Mo » Rutherford, un espion désinvolte et excentrique, ex-agent du FBI. Une histoire de recette – au sens propre comme au sens figuré. Puisque pour l’industrie alimentaire, la nourriture rime souvent avec une recherche constante du profit, faite au détriment de la santé des consommateur·ices.  

Mise en avant via un marketing tapageur, la substance blanchâtre semble cacher une terrible réalité... Friandise visqueuse, neige monstrueuse ou drogue venue d’ailleurs ? Dans un foyer ordinaire, Jason, un jeune garçon en proie à une insomnie, découvre « la chose » en train de bouger dans le frigo familial. Sous les aspects kitsch d’un cinéma d’horreur aux effets spéciaux grossiers, The Stuff se moque des États-Unis post-guerre du Vietnam, tiraillés entre ses relents racistes et misogynes, sa fascination pour l’armée et son consumérisme à outrance.

À travers cette crème alien, Larry Cohen met en scène notre rapport aux produits transformés, bourrés d’additifs et de produits cancérigènes. Implicitement, il nous rappelle que bon nombre d’addictions sont créées de toutes pièces par les géants de l’alimentaire. Son discours anti-entreprise aurait été tronqué par un montage décousu, réalisé sans son accord par les producteurs… 

The Stuff reprend ainsi les codes d’un film de science-fiction classique, tout en y saupoudrant une satire sociale, qui continue aujourd’hui de nous interroger sur nos manières de nous nourrir, de cuisiner et de consommer. 












Vendre la mèche
, c’est partager des tutos et des conseils. C’est révéler les artifices derrière le feu des projecteurs. C’est dévoiler les logiques invisibles derrière ce qui est visible et partager des astuces, des bons plans et des expériences de travail dans l’art. Vendre la mèche, c’est un rendez-vous où l’on se retrouve pour mettre en commun des idées pour un monde de l’art meilleur.

Evènements pensés avec la critique d’art Horya Makhlouf.





11 juin 2022 - Vendre la mèche #1 : le travail invisible, DOC, Paris.

Combien de mails faut-il envoyer pour préparer une exposition ? Combien de temps passe-t-on à composer des dossiers pour répondre à un appel à projet ou à subventions ? Pour préparer un évènement ? Combien de mains nécessaires pour le faire aboutir ? Lesquelles voit-on ? Desquelles n’entendrons-nous jamais parler ? Il y a le travail que l’on voit, que l’on visite lors d’une exposition, que l’on lit dans un texte, que l’on écoute dans un podcast ou une table-ronde. Et il y a celui que l’on ne voit pas, qui œuvre dans l’ombre, avant et après, les temps de préparation, de réflexion et de digestion, les temps de luttes, de discussions et de concertations. Travail invisible mais nécessaire.



11 décembre 2022 - Vendre la mèche #2 : la légitimité , DOC, Paris.


Êtes-vous à l’aise au musée ? Dans une galerie ? Dans un squat d’artistes ? Êtes-vous au courant de tous les centres d’art qui existent autour de chez vous ? Osez-vous parler à haute voix quand vous visitez une exposition ? Avez-vous déjà touché des œuvres en cachette (ou pas) ? Quelle différence d’appréhension entre l’art classique et l’art contemporain ? Le meilleur épisode de Dragon Ball Z vaut-il La Joconde ? Qu’est-ce qui fait qu’on se sent légitime ou pas à pénétrer le monde de l’art ? De la visite d’exposition au travail dans l’art, comment gagner sa place ? Faut-il la mériter ?

Avec l’artiste et militant Seumboy Vrainom :€





14 - 15 avril 2023 - Vendre la mèche #3 : l’espace à soi , La Villette, Paris.

Où vous sentez-vous à l’aise ? Avec qui ? Est-il possible de trouver un lieu et un temps à soi dans les écoles et les espaces d’art, le monde professionnel ou en tant que public ? Comment construire un espace à soi au milieu des autres ? Et avec les autres ? Peut-on créer des espaces collectifs où chacun·e s’y retrouve, tout en évitant l’entre-soi ? Quelles stratégies mettre en place pour se rassembler, prendre part et partager cet espace ? Écoles d’art, musées, centres d’art, galeries, espaces autogérés… les lieux d’art accueillent des publics, c’est l’une de leurs fonctions premières. Quels espaces leur dédient-ils ? Comment faire concorder celui dans lequel je me sens bien et celui dans lequel on veut bien me voir passer ? 

En présence de Marie Bougeois, professeuse d’arts plastiques au collège Pasteur de Gennevilliers et artiste, Alicia Tréminio, artiste et administratrice de l’Institut des Cultures d’Islam à Paris, Elsa Prudent et Nora Barbier, artistes et cofondateur·ices du collectif Black Flower, Vinciane Mandrin, artiste et fondatrice du collectif Cybersistas, et Shivay La Multiple, artiste.



















mirage-langage sont des soirées interdisciplinaires, mêlant littérature, performance, musique expérimentale et arts visuels.

Évènements présentés avec la plateforme curatoriale milo.






18 septembre 2021 - mirage-langage #1 : l’intime, 61 Rue du Faubourg Poissonnière, Paris.

Pour cette première édition de mirage-langage, milo a souhaité inviter trois auteurices qui travaillent la notion d’intimité. Chacun·e d’entre iels, à leur manière, creuse le langage et nous partage une partie de leurs vies.

Avec Elie Olivennes, Alexandre Finkelsztajn, Lucie Kervern & Cinna Peyghamy.





14 janvier 2022 - mirage-langage #2 : l’onirisme, librairie Zeugma,
Montreuil.


Les images sont engluées sous les paupières. Des objets, des paysages, des animaux et des corps sont hybridés entre eux. Chimères instables ou récurrentes, on ne parvient à y échapper qu’en ouvrant les yeux – et encore. Il y a des rêves dont on ne voudrait pas se souvenir et d’autres que l’on aimerait voir se réaliser. L’onirisme nous permet de nous échapper du monde extérieur et laisse entrevoir notre monde intérieur.

Avec Elise Bercovitz, Lucie Kervern & Cinna Peyghamy.