Sans rivages, metaxu et Le Port des Créateurs, Toulon.
30 janvier - 20 février 2026
commissariat : Luce Giorgi
Sur les bords de la Méditerranée, entre le Mont Faron, la forêt des Maures et les îles d’Or, un vent salé souffle intensément contre les bateaux amarrés au port de Toulon. Au creux de la rade, les navires de croisière et les ferrys côtoient les frégates militaires. Ces embarcations bigarrées charrient avec elles la promesse joyeusement douloureuse d’un ailleurs ou d’un retour au pays natal, tout en contenant une menace sourde – celle des violences et des guerres. Un entre-deux au goût de l’oxymore, comme un plein soleil chaud et aveuglant.
C’est dans ce contexte géographique, poétique et politique que se sont formé·es pendant cinq années les diplômé·es de l’École Supérieure d’Art et de Design de Toulon. Leurs œuvres sont imprégnées par la notion de déplacement. Certaines se font l’écho d’histoires diasporiques, tandis que d’autres cartographient des errances… Durant leurs années d’études, les dix artistes ont ancré leurs pratiques sur le territoire, tout en cherchant à creuser des interstices, avec humour et révolte.
L’exposition Sans rivages se conçoit comme une traversée. Elle matérialise le passage de l’après-école et propose un parcours entre deux espaces culturels – Le Port des Créateurs et le metaxu. Dans cet intervalle, un dialogue aux accents maritimes tente de s’énoncer. Le Port des Créateurs se transforme en habitacle et dévoile des récits intimes. À travers leurs installations, leurs peintures et leurs films, les diplômé·es nous invitent ainsi à regarder de biais, à prêter attention à la lumière et au son, à nous laisser surprendre par la texture d’une prison végétale, à contempler les vides face à la disparition d’êtres chers ou de maisons englouties.
En miroir, sous la coque du metaxu, il est question de seuil, ce lieu liminaire en
proie au mouvement, associé aux marges et aux flux constants. Entre les mauvaises habitudes et les porte-conteneurs se dessinent des lignes de fuite, qui prennent l’allure d’une fugue. Qu’on ne s’y trompe pas : il ne s’agit pas de se dérober, mais de suggérer d’autres possibles, d’autres formes de résistances, d’autres manières d’habiter le monde – avec ou sans rivages.
Avec Ellvina Bimanato, Thomas Buffenoir, Bonnie Caparros, Gabriel Garçonnat , Enzo Massa, Sandra Mauro, Jason Omer, Tifenn Pâris, Steven Roger et Gabriel Santarelli.
Enzo Massa, Sardinian Fairy, 2025Steven Roger, Airer, 2024 ©VirginieSannaBonnie Caparros, Sans titre, 2025 ©VirginieSannaSteven Roger, Concrete Music, 2023 ©LePortdesCreateursTifenn Pâris, Végéter (ceci est ma cellule), 2026 ©LePortdesCreateursEllvina Bimanato, 3LLVI - Tresser la maison disparue, 2025 ©LePortdesCreateursSandra Mauro, Aperçu-variation, 2025 Vue de l’exposition au Port des Créateurs ©OlivierPastorGabriel Garçonnat, Sans titre, 2023-2026 ©VirginieSannaGabriel Garçonnat, Faire des trucs, 2025 et Bip Bip et Coyote, 2026.Gabriel Santarelli, Pêche aux carnages, 2026 ©VirginieSannaJason Omer, Sans titre, 2025 ©VirginieSannaBonnie Caparros, Dunes, 2026Thomas Buffenoir, P2_250916, 2025 ©OlivierPasto